Dimanche 27 avril 2008
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Il fallait attendre un petit peu pour faire un « post » sur le village Saramaka de
Kourou, plus communément appelé « le village ». Parce qu’il y a tant à dire, mais surtout parce que c’est loin d’être facile…
Tout d’abord les Saramakas. Issus des bushinenges, littéralement «les hommes
des bois », ils sont les descendants des esclaves employés en Guyane hollandaise qui ont fui les plantations pour aller se réfugier dans la forêt. Installés depuis le début de l’ère du
spatial en Guyane, ce sont eux qui ont en partie bâti le Centre Spatial, ainsi que la ville nouvelle de Kourou. Les Saramakas sont à peu près tous regroupés dans ce village, où l’ambiance qui y
règne est totalement différente de celle de « Kourou la métropolitaine ». Dès l’entrée dans ce quartier, des bribes de taki-taki (leur langue, mélange de dialectes
africains, hollandais, français et anglais !!!) se mélangent au reggae qui s’échappe des quelques boutiques.
Ici la réputation de l’endroit n’est plus à faire. Considéré par les uns comme endroit le plus
vivant et authentique de Kourou, il est bien souvent pour les autres synonyme d’insécurité ainsi que d’endroit où les lois de la république n’existent pas. Et j’avoue qu’à première vue ce n’est
pas forcément facile de faire le choix entre ces deux visions. Mais après avoir insisté, on ne peut qu’être conquis par cet endroit « à part » dans Kourou. L’idéal pour une découverte
du quartier est d’aller y manger des brochettes pour le diner. Il y a les partisans du vrai restaurant en bordure du village, souvent qualifié d’ « endroit pour blancs du CSG »
(Centre Spatial Guyanais) ; et les autres gargotes, plus proches du « vrai ». Dans les deux endroits les cartes sont plus ou moins les mêmes, en tout cas pour les plats :
brochettes de mérou, requin, saucisse fumée… Le tout avec du ti-punch, bien évidement. La seule différence, c’est la faune qui y est…
Au fur et à mesure des ballades dans ce quartier, on croise tous les types de personnes, ce qui
fait probablement le charme de l’endroit. Que ce soit Eddy, un surinamais qui peint des tembés, dessins traditionnels du Surinam voisin ou bien Bob, le tenancier d’un pseudo bar, à chaque fois le
tutoiement est de rigueur, et quelques mots de créole guyanais sont les bienvenus. J’y ai même rencontré l’ancien responsable de la police municipale de Kourou. Et c’est vraiment un
phénomène ! Se faisant appeler « Navarro » par les types du coin, c’est sans sourciller qu’il va nous siroter la moitié de la bouteille de rhum posée sur la table. Et vous devriez
voir sa tête lorsqu’il croit que sa femme est entrain de le chercher pour le ramener à la maison : complètement affolé il court se cacher derrière le comptoir !
Chez Eddy, le peintre de Tembés
Après ces bonnes brochettes, on croise en rentrant aux CVs des sound systems disséminés un peu
partout dans le village. La terrasse d’une maison se transforme alors en boîte de nuit, avec DJs, platines et jeunes déchainés. Amusés de nous voir dans le quartier à une heure si tardive,
certains n’hésitent pas à vouloir nous apprendre à danser. Résultat : il reste sacrément de boulot…
N'ayant pas de photos à moi du village, celles-ci proviennent de ce site : link