Lundi 21 avril 2008 1 21 /04 /Avr /2008 21:04

    C'est avec pas mal de chance que mon premier lancement de la fusée Ariane a lieu 2 semaines environ après mon arrivée. Comme le titre de l'article le suggère, c'était le 182ème tir depuis la base de lancement de Kourou, et en particulier la 39ème Ariane 5. Bien peu par rapport aux 1600 et quelques tirs qui ont été effectués par le seul lanceur russe Soyouz...

Ariane 5 au bâtiment d'assemblage final

    Pour en revenir au tir, j'ai pu regarder quasiment la totalité de la campagne de tir. De mon bureau je peux apercevoir les containers satellites qui arrivent depuis le port de Kourou, et qui vont en convoi exceptionnel vers les bâtiments d'intégration au sein du Centre Spatial. J’ai ensuite pris une demi-journée ainsi que la voiture de service pour assister au transfert du lanceur du bâtiment d'assemblage final jusque la zone de lancement, un jour avant le tir, avec les collègues stagiaires du service.

    Le dispositif de sécurité mis en œuvre pendant la fin de la campagne, lorsque le tir approche, est assez incroyable, on se croirait en guerre. Dès l'entrée dans le centre on est scruté par des légionnaires postés à la tourelle de leur blindé. Puis le long de la route menant aux ensembles de lancement on croise des chenillettes, des canons et les inévitables barrages de la gendarmerie. Après un véritable parcours du combattant on arrive enfin sur le parcours du lanceur, que l'on peut admirer sur sa table de lancement (la table fait l'aller/retour entre le pas de tir et le bâtiment d’assemblage final). C’est assez marrant de voir toute la structure avancer à tout de même 4 km/h.



    Le lendemain, c’est le grand jour. Tout le monde sur le centre est fébrile, et même les plus blasés vont aller voir le lancement. Chacun a un peu son endroit préféré, mais je fais mon choix uniquement en fonction de la distance entre le pas de tir et le site d’observation. Ce sera Agami, 7,5 km de la fusée. C’est le mieux que j’aie pu faire sans être un VIP, qui eux sont deux fois plus près. Va falloir travailler les relations pour les prochains lancements!  Le déplacement se fait en un grand convoi de cars qui partent de Kouro,u pour les chanceux comme nous qui ont une place pour le tir. On est une dizaine de stagiaires à être là. Une fois sur place, on attend patiemment « H0 » en se faisant attaquer par des moustiques sacrément voraces. La nuit tombe, et c’est avec la pleine lune et le ciel dégagé que la séquence finale débute. Comme dans les films on à le droit au « …5…4…3…2…1…0 » et là…

 


 

   

    Une immense lueur embrase l’horizon et la fusée commence à s’élever. Elle est déjà assez haute lorsque le bruit du décollage nous arrive dessus… Incroyable ! Le spectacle est magnifique et le bruit assourdissant. Pour ceux à qui ca parle: 180dB au niveau de la table de lancement.


    Malheureusement le spectacle est d’assez courte durée. Un peu plus de deux minutes après le décollage on aperçoit les 2 boosters latéraux se détacher du corps central de la fusée, qui elle continue son parcoursjusque n'être plus qu'un point brillant dans le ciel.

 

    Pour se remettre de nos émotions, on file à la soirée donnée en l’honneur de la réussite du lancement. Notre chef ayant gentiment réussi à nous obtenir des places, c’est avec les stagiaires du service qu’on débarque dans l’endroit réservé à cette occasion. Tous ceux qui ont participé de près ou de loin à la campagne sont présents, et apparemment un apéro à déjà eu lieu sur au centre Jupiter, le QG de lancement… L’énorme buffet de spécialités locales (brochettes, crevettes, gibier…) ainsi que l’open bar ont certainement aidé à l’ambiance assez folle de la soirée, qui s’est terminée dans la piscine pour certains.


Vivement le prochain lancement !


Par Martintin - Publié dans : Centre Spatial Guyanais
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Samedi 19 avril 2008 6 19 /04 /Avr /2008 16:02
 
      Ahh nos chers C.V.s... C'est toute une histoire! Première impression quand on y arrive: "ah ouais, en fait c'est là que je vais loger..." Forcément quand on voit notre barre qui n'a rien à envier à certain quartiers "chauds" de métropole, ça fait bizarre. Mais attention, il ne faut pas juger sur l'apparence! Heureusement d'ailleurs...

En bleu, la zone des CVs, le pointeur est sur le CV 16, le mien.

      Tout d'abord, la question que tout bon stagiaire se pose en arrivant, c'est ce que veut dire cet acronyme de plus: "C.V." Je pensais que c'était pour "Centre de Vie" mais la réalité est différente: cela signifie tout simplement "Collectif Vertical". Sympatique.
      Mais la comparaison avec nos chers HLM métropolitains ne s'arrête pas là. Kourou étant construite comme une ville nouvelle,  tout s'est fait par quartiers. Le nôtre, celui des CVs, n'a pas échappé à la règle, et du coup on se retrouve tous dans la même configuration d'appartement, ou bien son symétrique. Tout le monde connaît ces sympathiques barres à 2 ou 3 étages. Appartenant indirectement au CNES, tous les stagiaires y logent, plus ou moins dans la même barre, le non moins célèbre C.V. 16. Célèbre car redouté par tous les autres habitants du quartier par le bruit qui s'en échappe.




      Heureusement l'intérieur est bien plus sympa. En fonction des choix, on est soit en T2 soit en T3, avec des surfaces d'environ 100m2, entièrement meublés. Tout est fait pour que l'on y vive avec toutes les fenêtres et portes vitrés ouvertes, afin de faire circuler l'air. Sinon ça à tendance à moisir... Mais avec la saison des pluies qui approche, ce n'est pas évident de concilier ventilation de l'appartement et empêcher les rafales de pluie de tout tremper.

      Très vite j'ai compris que le point névralgique de l'appartement était la terrasse, où j'ai bien vite fait d'installer mon hamac et des canapés. Tout est alors prêt pour accueillir soit les nouveaux stagiaires en attente de leur CV définitif, soit les anciens pour un bon apéro à base de rhum, citron vert et sirop de canne. Et ce ne sont pas les occasions qui manquent pour se retrouver sur la terrasse...


Par Martintin - Publié dans : Kourou
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Mardi 15 avril 2008 2 15 /04 /Avr /2008 04:33
    Pour échapper au stress quotidien de Kourou on décide avec 3 copains de passer le weekend dans l’ancien bagne de Guyane, aux « Iles du Salut ».

    Les 3 îles qui les composent sont à une quinzaine de kilomètres de la plage de Kourou, et y on accède soit en navette soit en voilier. Un catamaran nous y amène en une grosse heure, au milieu de grains qui se déchainent sur nous et qui ne nous laissent présager rien de bon pour cette nuit que nous allons passer sur la plage...

    On débarque directement sur l’Ile Saint-Joseph. Anciennement l’île de la réclusion, on se retrouve vite dans le roman « Papillon »… Les ruines du bagne sont spectaculaires, les cellules sans toit ni tabouret ou banc sans complètement envahies pas la végétation, qui n’a pas attendu pour reprendre ses droits.




   





 

 
 
Les anciennes cellules de la réclusion

 

 

 


   

Notre campement sur Saint Joseph

    On passe la nuit dans nos hamacs, accrochés à des cocotiers sur la seule plage de l’île, le long du cimetière de l’époque. On a tout juste le temps de jouer aux Robinson Crusoé avec nos grillades de poisson et en buvant des malibus à même les noix de cocos quand un énorme grain arrive sur nous.

Notre campement sur Saint Joseph


    La densité de la pluie est là pour nous rappeler que la saison des pluies approche à grands pas… Bien évidement au bout de quelques minutes à ce rythme nos bâches débordent et c’est au tour de nos hamacs de se gorger d’eau. Pour tout aider le vent se lève, et on passera le reste de la nuit au frais !… J’ai toutefois plus de chance que mon voisin : son hamac à lâché au moment de la pluie, le contraignant à dormir à même le sol. Et quand on voit la taille des scolopendres, cafards et autres rats qui profitent de la nuit pour faire leur marché, ca ne rassure pas !


 

    Le lendemain matin, une baguette manque… On fait notre enquête, qui ne donne que peu de crédit à la thèse du rat : baguette complètement déballée de son sac plastique, aucune trace de griffes. Le légionnaire gardien de l’île nous donne sa version, très sérieusement : « qu’est-ce que vous croyez les jeunes, faut bien qu’ils se nourrissent les esprits des anciens bagnards. Si vous saviez combien sont morts sur cette île… Estimez-vous déjà heureux qu’ils ne vous aient pas plus embêtés ! »



 
   Le dimanche est consacré à l’Ile Royale, là où il y avait l’administration du camp. L’atmosphère est beaucoup moins oppressante que sur Saint Joseph, la végétation plus variée. On visite les quartiers généraux du bagne au milieu des agoutis et des poules et la journée se termine par un bon farniente au bord de la « piscine des bagnards ».

Ile du Diable, prise depuis l'Ile Royale

Par Martintin
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Mardi 15 avril 2008 2 15 /04 /Avr /2008 00:05
    Ca y est, c'est l'arrivée en Guyane, après 9 heures de vol... Le premier contact avec "l'amazonie française" comme le disait fièrement mon voisin dans l'avion, s'est fait sans trop de problèmes, malgré le duo chaleur étouffante/humidité maximale associé à une vie qui à l'air très...calme! Il suffit de voir le temps qu'ont mis les bagages pour arriver à l'aéroport pour se mettre dans le bain.

Kourou vu du ciel, avec le fleuve

    Après une bonne heure de bus, je suis arrivé à Kourou (l'aéroport est à Cayenne), et le chauffeur m'a débarqué devant un espèce d'HLM tout décrépi, les C.V., et m'annonce dans un mélange de francais et de créole que je si je suis stagiaire, alors je suis arrivé. Heureusement j'appercois 3 jeunes "métros" (comprendre métropolitains) qui m'acceuillent et m'aident à monter mes affaires dans l'appart que je vais occuper pendant quelques jours, le temps que le mien se libère, si j'ai bien compris.

    Ils m'expliquent alors que tout les stagiaires sont logés à la même enseigne: une barre entière d'immeuble appartient au centre spatial, et les logements sont du coup mis à la dispositiion des stagiaires ou des VCAT (volontariat civil d'aide technique). Donc premier soulagement, je ne suis pas logé directement sur le centre spatial, mais dans Kourou, qui à l'air d'être une ville très cosmopolite. L'autre bonne nouvelle c'est que la plage est tout près. Mais quand on voit la couleur des eaux depuis l'avion lorsque l'on va atterrir, ca ne donne pas forcément très envie: l'eau est couleur boue à cause de l'Amazone qui déverese des tonnes de limon dan l'océan. On a beau être à plusieurs centaines de kilomètres de son embouchure, le résultat est assez saisissant.

    Pour revenir au logement, l'interieur des apparts est bien plus sympa que la vision extérieure. Ouf! C'est immense (un bon 80m² par personne!) et meublé de façon pratique.Il y a même un four!!

Mon "C.V.", avec l'inévitable hamac

    Celui qui me loge pour l'instant, à l'air très sympa mais aussi assez maboul. Ca fait un an qu'il est là, et reste un an de plus. Résultat, il a son fusil dans le salon, fait lui même ses cartouches, le tout bien évidement sans permis mais ici, c'est normal. Et je ne m'aventurerai pas plus...

    Petit à petit les autres stagiaires arrivent pour me faire un pot de bienvenue, et très rapidement on est une bonne quinzaine dans l'appart, à déguster les ti-punch maison. (Le rhum se vend carrément en cubi!) J'ai pu voir les autres stagiaires qui sont sur le centre avec moi, il y a de tout. Pas mal de gars bien évidement, mais aussi des filles, et même certaines qui sont mignones! Tout le monde me prévient que le boulot, ce n'est vraiment pas le stress.... A voir!!!

Par Martintin
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