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Mercredi 24 septembre 2008


           Ca y est, la fin est arrivée… Au milieu de la classique course au rapport de stage il a quand même fallu placer quelques activités « typiques » afin d’avoir une dernière version Guyanaise de mon séjour. C’est donc parti pour la ballade sur la plage, un petit tour au village saramaka pour une dégustation de brochettes de poisson, les baignades…

          Sans oublier les pots d’adieu : un « sérieux » pour le service, et un beaucoup plus détendu pour les amis. Résultat : un appartement sans dessus dessous un jour avant l’état des lieux final !

           Dernière chose importante : Ken ! Lors du dernier carbet sur la route des PKs du fleuve Kourou je me suis décidé à y emporter mon terrarium. Moment d’émotion en perspective pour les stagiaires présents, qui voient leur mascotte filer à travers la forêt, non sans hésitations.

This Is The End !

Par Martintin - Publié dans : Kourou
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Dimanche 14 septembre 2008


          Pour un des derniers week-ends en Guyane, il fallait essayer de trouver quelque chose du genre « aventure guyanaise ». Quelques lignes dans un guide suffisent pour nous allécher : « En aval de Saut Maripa, avant Camopi, La roche Noire Canari Zozo est l’endroit rêvé pour les zoologistes ou les chasseurs ». C’est tout.

Itinéraire : en rouge la partie en pirogue

 

          Direction l’Oyapock donc, le fleuve frontalier avec le Brésil, sur lequel se trouve notre destination. Première étape : rejoindre le Saut Maripa, premiers rapides en remontant le fleuve en direction de Camopi, une commune amérindienne. Pirogue pendant une demi-heure puis marche à travers la  forêt pendant une autre demi-heure nous amènent en haut de ce saut vraiment impressionnant. On comprend pourquoi aucune pirogue ne peut franchir les rapides. Là haut un poste militaire plein de légionnaires surveille la frontière, les passeurs et les contrebandiers. On passe la nuit dans un vieux carbet abandonné, sous un ciel magnifique.

Saut Maripa

 

          Le lendemain il faut absolument que l’on trouve rapidement une pirogue pour remonter le fleuve. D’après la carte il y a pas moins de 12 barres de rapides à franchir, le tout réparti sur un quarantaine de kilomètres. Après une bonne heure d’attente un piroguier s’arrête enfin. Il monte du fret à Camopi (uniquement des bières…), et c’est pour nous l’occasion de l’accompagner. Pas très rassurés par l’impressionnante cargaison que l’on transporte, on est en fait menés de main de maitre à travers les rapides par le « boss ».

Sur la pirogue de fret, remontant l'Oyapock

 

          Après plus de deux heures de navigation le pilote nous sort de notre torpeur en nous montrant la Roche Noire. Rapidement débarqués il nous laisse seuls dans un endroit assez extraordinaire : on se rend compte qu’il ne s’agit que d’un lieu-dit, à cause d’un grand rocher noire qui affleure de l’eau. Rien d’autre à l’horizon que notre roche et une dizaine de mètres carrés de « plage ». Tout autour la forêt parfaitement impénétrable. L’aventure commence !

Arrivée! Roche noire, c'est à dire les cailloux que l'on voit à droite...

          Les esprits repris, il faut maintenant s’attaquer à la forêt pour se préparer un endroit pour la nuit. Traçage de sentier, débroussaillage d’une zone pour mettre les hamacs, chercher du bois…  On arrive enfin à se faire un sacré campement, et même une bonne averse n’aura pas raison de nos bâches ni de notre feu.

Notre campement fait maison

 

         Partie de chasse la nuit, malheureusement dans résultat. On entend pourtant les animaux mais impossible d’en avoir un en joue.

          Le retour de cet endroit loin de tout (mais alors vraiment très loin !) se fait de nouveau en pirogue-stop. Cette fois ce sont des fûts d’essence qui sont nos compagnons jusque la ville brésilienne d’Oyapock. On profite de ce terminus pour se goinfrer de viande dans une churrasceria. Comme quoi la civilisation a du bien! Sur la route pour retourner à Kourou on en profite pour directement laisser un copain venu de métropole passer ses vacances dans l’ « enfer vert » prendre son avion pour Paris. L’arrivée à Orly va être difficile !!!

Roche Noire au lever du jour


Par Martintin
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Dimanche 7 septembre 2008

          Avec du retard... beaucoup de retard! Voici mes photos du vol 185 d'Ariane 5, le 14 août à Kourou.



          Petite particularité de ce tir ci: être en fin de journée (donc de jour!), et avec la famille, directement au site Toucan.


Par Martintin - Publié dans : Centre Spatial Guyanais
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Samedi 6 septembre 2008


          Probablement la seule commune de France accessible uniquement par avion. Les plus courageux (ou les plus patients !) le font en pirogue+marche (8 jours) ou bien directement à pied (2 grosses semaines). En résumé, Saül c’est loin. Loin de la civilisation et du bruit des voitures. Loin aussi des prix auxquels nous sommes habitués. Par exemple le litre d’essence vaut ici tout simplement 3,40€. Une autre particularité de cette commune peuplée officiellement de 55 habitants c’est de pouvoir y faire ses courses en payant directement en grammes d’or. C’est en effet ici qu’eu lieu dans les années 50 la ruée vers l’or de Guyane. Aujourd’hui il reste peu de chercheurs européens. Par contre le Brésil a ici plusieurs milliers d’orpailleurs clandestins qui remuent le sol guyanais pour tenter d’y trouver entre 100 et 150 grammes d’or par mois.


                En arrivant en avion, on aperçoit d’ailleurs des zones de forêt rasées, faisant apparaitre la latérite rouge et les tranchées de l’orpaillage clandestin. Impressionnant.

          Après un atterrissage « exotique » sur la piste en terre de Saül notre petit coucou à hélices nous dépose devant l’aérogare de la bourgade. Un simple carbet pour abriter les bagages qui sortent de l’avion. Nous n’avons malheureusement pas le temps de nous arrêter dans le bourg: nous devons en effet dormir en forêt dès cette nuit. Et marcher dans la forêt équatoriale une fois le soleil couché n’est pas recommandé…

Timoth l'aventurier!!!

          Après une grosse heure de randonnée on arrive dans une clairière qui a tout pour paraitre paradisiaque : torrent, arbres pleins de fruits, carbets répartis un peu partout… Un de ceux là est justement réservé pour les marcheurs de passage. Le grand luxe en pleine forêt avec un barbecue, un endroit pour se laver, des noix de coco et des agrumes à volonté !

          La seconde partie de la randonnée se fait en forêt plus profonde, afin de terminer la longue boucle d’une quinzaine de kilomètres autour du bourg de Saül que l’on a commencé la veille. Déjà éloignés de la civilisation on passe une étape supplémentaire en installant notre campement pour la nuit au bord d’une rivière. Hamacs, bâches, moustiquaires. En quelques dizaine de minutes tout est prêt pour la nuit. On a d’ailleurs droit à un premier test « pluie » en subissant une averse de près d’une heure, suffisante pour mouiller nos affaires et le bois du feu… On occupe notre temps en péchant quelques petits poissons dans la rivière, que l’on fait cuire sur le feu le soir même.


Plat amazonien!

           La nuit tombée il est temps de s‘équiper pour la chasse, le long du sentier. Une fois de plus la chasse à la mode guyanaise me fascine : torches, café avec du rhum suffisent à nous aider à traverser les sous bois à la recherche du reflet des yeux du gibier dans les faisceaux de nos lampes. La chance est avec nous et une grande biche croise notre chemin. Toutefois la folie guyanaise ne nous a pas encore touchés : nous ne tirons pas. En effet que faire de 80 kilos de viande à 4 en pleine forêt ?


          Le lendemain voit la fin du weekend approcher… De retour à Saül nous avons la bonne surprise d’arriver en pleine fête du Saint Patron du village. Viandes grillées, punch au lait et fruits tropicaux sont là pour nous faire reprendre contact avec la vie. L’annonce par le « DJ » du départ du vol pour Cayenne nous presse. Petit passage par l’aérodrome (relié à Saül soit par un sentier d’un kilomètre en forêt ou bien par une piste pratiquée en quad ou en camion…) pour reprendre notre coucou. L’enregistrement des bagages se résume à une pesée du sac par une balance romaine et à demander le poids du passager pour calculer le poids exact du fret, et c’est reparti pour un vol au dessus de l’immense forêt.

Par Martintin
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Mercredi 20 août 2008

          Kourou a la chance de se trouver en face des Iles du Salut. Connues pour le bagne qu’elles ont longuement abrité ainsi que pour La plage paradisiaque de Guyane, elles le sont aussi pour les pêches miraculeuses que l’on peut y faire.

Ile Saint Joseph

          Départ le matin du dégrad de Kourou, on embarque avec « Gamaro » sur un puissant hors bord pour rejoindre les eaux bleues des Iles. Notre bateau est hérissé de cannes à  pêche de tous les styles : traîne, lancer… Leur seul point commun c’est le diamètre du fil. Enorme.

          On arrive aux Iles sous un magnifique soleil, et l’eau turquoise fait du bien ! Quand on pense à la couleur de l’eau de la plage de Kourou… Il est maintenant temps pour nous de jeter à l’eau les énormes leurres Rapala qui équipent les cannes. Objectif, pêcher du Tarpon, poisson mythique des pêcheurs sportifs. Il est connu pour les combats de titan qu’il même avant de se faire  ramener au bateau et pour sa gueule tout droit sortie de la préhistoire.

Première prise!

          On a beau être dans l’endroit rêvé pour de telles prises, aucun ne daigne mordre… Heureusement on est vite tirés de notre torpeur par des thazards. Féroces cousins du maquereau, ils nous font suer pour les ramener. La famille est chanceuse, tout le monde a le droit à sa prise. Le Grand Père ramène même une belle carangue, histoire de changer un peu le type de poisson que l’on aura à nos prochains diners.

Un thazard

          La pause du déjeuner se fait dans la « baie Bora Bora » pour sa prétendue ressemblance avec la célèbre baie. La chaleur de l’eau et celle de l’inévitable tu-punch est au rendez-vous ! Notre pêche finale ne sera pas celle de Tibériade, mais nous revenons avec tout de même une petite quinzaine de kilos de poisson frais, que l’on s’empresse de préparer le soir même. Manger sa pêche accompagnée de muscadet, le luxe !


Par Martintin - Publié dans : Kourou
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Mardi 12 août 2008

Kaw


          Décrit comme un des grands lieux du tourisme en Guyane, j’avais repoussé sa visite au moment où la famille viendrait me rejoindre à la découverte de l’Amazonie Française. Ce n’est donc que maintenant que j’ai pu naviguer à travers les Marais de Kaw, une soixantaine de kilomètres après Cayenne, en direction du Brésil.


          Premier aperçu avant d’y arriver : l’état de la route… Serpentant à travers la forêt toujours plus dense, nous pouvons presque imaginer que nous sommes en montagne. C’est au dégrad de Kaw que nous embarquons avec le reste du groupe sur une pirogue, direction les marais. Pendant une bonne heure nous remontons la rivière de Kaw, à l’affut de toute la faune et la flore qui font l’attrait de ces marais. Des hérons aux tisserands en passant par les zébus, la diversité est fascinante. Tout comme notre guide, qui connait l’endroit et ses habitants comme sa poche.

Le grand père et le père, aux commandes du canoë

          Afin d’être plus discrets et de mieux s’enfoncer dans la végétation qui est de plus en plus dense nous embarquons dans de petits canoës équipés d’un moteur électrique. Les lianes, plantes épiphytes (qui se servent d’autres arbres comme support) et énormes troncs bordent le cours d’eau, et font le bonheur des pseudo-aventuriers que nous sommes. On débarque une fois le cours d’eau trop étroit pour poursuivre notre route, et c’est pieds nus que nous rejoignons un petit carbet perdu dans la végétation, au bord d’un ruisseau. En expert de l’organisation le guide a très vite fait de préparer le déjeuner : poulet boucané (spécialité guyanaise) accompagné de kwak (farine de manioc) et d’une salade de choux. Le tout accompagné des inévitables ti-punchs et planteurs qui font la réputation du département. Pour finir le festin, un petit clin d’œil à la métropole avec un plateau de fromage fait de feuilles de bananiers, arrosé de bordeaux.


          Pas de temps pour la sieste : pendant que les uns s’ébrouent dans le ruisseau, les autres tentent de trouver quelques paillettes d’or à laide d’une batée. Piètre résultat, c’est avec le dos cassé que l’on revient avec quelques grammes d’or pour tout le groupe. Sans aucune expérience de l’affaire. On commence à mieux comprendre l’afflux d’orpailleurs clandestins !

Petit cours d'orpaillage

          On retourne aux canoës sous la pluie battante, absorbée en grande partie par la canopée. Le guide en profite pour nous faire partager sa connaissance des différentes essences de cette partie de forêt primaire, ainsi que leur utilisation en médecine traditionnelle.


          La nuit se couche, et commence alors la « chasse » aux caïmans, dont regorgent les marais. Caïmans noirs et à lunettes sont au rendez vous, que l’on arrive à distinguer dans la pénombre grâce aux reflets rouges de leurs yeux dans le faisceau de la lampe torche. On a même le privilège de voir notre guide se jeter bras tendus dans les hautes herbes pour nous sortir un magnifique spécimen que tout le monde s’empresse de toucher, sauf les plus timorés du groupe.

Caïman à lunettes

Par Martintin
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Mardi 5 août 2008

          Petite revue de presse aujourd'hui, avec une tribune très intéressante publiée dans Le Monde du 5 août... En espérant que cet appel au secours du spatial européen soit entendu...

La famille Ariane. Il manque une Ariane 6!



Point de vue

La fusée Ariane menacée de disparition, par Frédéric d'Allest

LE MONDE | 05.08.08 | 13h45  •  Mis à jour le 05.08.08 | 13h45


En assurant un accès fiable à l'espace, Ariane remplit parfaitement les missions de souveraineté dont la France et l'Europe ont besoin et pour lesquelles elle a été développée : missions d'applications civiles, missions de défense, missions scientifiques, lancements de véhicules automatiques. Constatant que les missions de souveraineté n'assuraient au mieux qu'un ou deux lancements par an, nombre insuffisant pour disposer d'un lanceur économique, nous avons fondé dès 1980 la société anonyme Arianespace pour commercialiser les lanceurs Ariane et en être l'opérateur.

Grâce à la mise en place d'un outil de lancements doubles optimisé pour l'orbite principale géostationnaire, avec le lanceur Ariane 3 et le port spatial équatorial de Kourou (Guyane), et grâce à une solidarité européenne exemplaire à travers l'Agence spatiale européenne (ESA), Ariane capturait dès 1984 50 % du marché commercial international. Cette part de marché a été presque constamment dépassée (sauf en quelques très rares situations) au cours des vingt-cinq dernières années et aujourd'hui la quasi-totalité des opérateurs de satellites dans le monde sont clients d'Arianespace, celle-ci assurant son leadership en offrant à des prix compétitifs les services de lancement incontestablement les plus fiables, les plus réguliers et les plus précis.

Si aujourd'hui Ariane est un lanceur de souveraineté robuste et le premier lanceur commercial au monde, ce n'est pas l'effet du hasard mais le fruit d'une politique volontariste menée depuis trente-cinq ans avec autorité, compétence et anticipation par la direction des lanceurs du Centre national d'études spatiales (CNES), par délégation de l'Agence spatiale européenne pour les développements technologiques, par Arianespace pour les déploiements opérationnels, avec le soutien sans faille depuis 1973, en France, des plus hauts responsables de l'Etat, en Europe de l'Agence spatiale européenne et des douze Etats qui participent en son sein à ce programme.

En particulier une politique de filière avec les lanceurs Ariane 3, Ariane 4 puis Ariane 5 a permis d'anticiper (il faut de cinq à huit ans pour développer un nouveau lanceur) en permanence mieux que la concurrence la croissance continue en masse et en puissance des satellites commerciaux (moyenne observée de croissance : 125 kg par an sur les vingt-cinq dernières années).

Personne ne peut sérieusement contester aujourd'hui le besoin pressant de porter la performance d'Ariane 5 de 9 tonnes à 12 tonnes en orbite de transfert géostationnaire, et tout observateur averti peut s'assurer qu'au terme de quelques années Ariane 5 ECA se trouvera dans la situation d'Ariane 4 en 1999, c'est-à-dire incapable de poursuivre la politique de lancements doubles, vitale pour assurer la viabilité du lanceur.

Or pour la première fois depuis le premier lancement d'Ariane 1, en décembre 1979, le lanceur se trouve en limite de performances sans qu'une version plus puissante soit en cours de développement permettant de prendre la relève à temps. Dans le monde technologique et concurrentiel d'aujourd'hui, on ne peut espérer se reposer sur l'acquis des développements antérieurs. Pour survivre et se développer, il faut constamment innover et développer. Pour la première fois, Ariane est clairement en grave danger de déclin par manque d'anticipation et de volontarisme. La situation a été jugée si grave que, dans une démarche tout à fait exceptionnelle, dix anciens dirigeants et hauts responsables européens de l'ESA, du CNES, d'Arianespace et de l'industrie ont adressé collectivement au mois de janvier dernier une lettre ouverte au président du conseil ainsi qu'au directeur général de l'ESA pour les alerter.

Face à ce déclin, inéluctable si l'on ne réagit pas maintenant, la parade est pourtant simple. Grâce à son fort potentiel de croissance, il est possible de porter la performance d'Ariane au niveau requis de 12 tonnes. Il suffit pour l'essentiel de remplacer l'étage d'injection ECA actuellement équipé du moteur HM7, dont la technologie cryotechnique remonte à plus de quarante années, par un nouvel étage plus puissant ECB équipé du moteur cryotechnique de nouvelle génération Vinci dont un prototype subit actuellement avec succès des essais préliminaires au banc.

Le développement de ce nouvel étage prendra environ cinq années (il aurait déjà dû être engagé) et doit être exécuté avec grand soin. Il est toutefois bien modeste par rapport aux développements antérieurs des lanceurs complets Ariane 1 ou Ariane 5. Certes, il y a des risques induits par tout nouveau développement, mais l'ESA, le CNES et Arianespace ont montré qu'ils savaient les maîtriser et les surmonter. C'est pour cela que les clients d'Arianespace, dans les rares situations d'échec, ont maintenu dans leur quasi-totalité leur confiance en Ariane. Les assureurs le savent bien aussi qui réservent les meilleures primes aux passagers d'Ariane.

Pour expliquer l'inertie actuelle, on doit supposer que des contraintes budgétaires interdisent d'engager le développement de ce nouvel étage, essentiel pour la survie d'Ariane. Nous soutenons tout à fait la détermination du gouvernement de maîtriser les dépenses publiques, même si force est de constater que les dépenses de recherches et technologies spatiales de l'Europe sont bien modestes, ramenées au PIB, par rapport à celles des USA. Pour financer ce développement, le CNES devrait augmenter pendant quelques années de l'ordre de 10 % sa contribution à l'ESA, ce qui représente 5 % de son budget total, puisque environ 50 % du budget du CNES finance la part française des programmes européens, 50 % finançant son fonctionnement et les programmes nationaux ou bilatéraux. Il faut effectivement accepter de déplacer ce curseur, vieux de près de trente ans, vers le ratio 55/45.

Cela suppose certainement des arbitrages délicats mais qui peut défendre que cela est impossible alors que c'est le socle du programme spatial français et européen qui est gravement menacé ?

Si une impulsion politique à haut niveau n'est pas très rapidement donnée par la France, le résultat, c'est-à-dire le déclin d'Ariane d'ici trois ou quatre ans et sa disparition du marché commercial au terme d'un petit nombre d'années, sera imparable. Les responsables politiques doivent en outre être bien avertis que, sans lancements commerciaux, le lanceur Ariane deviendrait un boulet financier pour être maintenu comme seul lanceur de souveraineté et que la solidarité européenne rencontrerait vite ses limites dans cette hypothèse. En outre, il est évidemment beaucoup plus riche d'emplois et d'avenir de financer des développements technologiques, comme c'est la vocation de l'ESA et du CNES, plutôt que combler les déficits de l'exploitation opérationnelle qui se creuseraient inéluctablement.

Si une nouvelle fois la France, au moment où elle a pris la présidence de l'Union européenne, propose à ses partenaires au sein de l'Agence spatiale européenne de faire évoluer Ariane pour assurer son avenir, à l'occasion du conseil ministériel sur les affaires spatiales prévu au mois de novembre prochain, il ne fait pas de doute qu'elle sera suivie ; en effet, certains de ses partenaires au sein de l'Agence spatiale européenne s'interrogent aujourd'hui sur ses hésitations et attendent une initiative de sa part.


Frédéric d'Allest est président d'honneur d'Arianespace.

Par Martintin - Publié dans : Centre Spatial Guyanais
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Jeudi 31 juillet 2008


          On en avait tous plus ou moins entendu parler de cette maladie bizarre de la peau, mais impossible de vraiment savoir ce que c’était. Depuis quelques jours, c’est chose faite ! Elle était sur Iracoubo, une commune entre Kourou et Saint Laurent du Maroni il y plusieurs semaines, et est maintenant sur Cayenne : une copine stagiaire qui y habite est en plein « crise »…


          Il s’agit en fait d’un papillon, le « Papillon cendre », qui a la bonne idée de protéger sa zone de ponte en dispersant pendant son vol des milliers de fléchettes microscopiques et urticantes. Petite description des effets que l’on trouve sur le site de la préfecture :

          - des éruptions cutanées extrêmement prurigineuses ;

             - des démangeaisons locales importantes ;

          - 
quelques fois des réactions plus violentes (œdèmes des paupières, conjonctivites)


          Les fléchettes peuvent rester actives plusieurs années… Le remède s’il y a l’apparition de ces sympathiques papillons : vivre dans le noir, se doucher avec de l’eau très chaude, (le même sort est à réserver aux habits et linge de maison). Dernières précautions : éviter de sortir ainsi que de trop ventiler...  

          Maintenant, nous attendons tous avec impatience que ça arrive à Kourou !

Par Martintin - Publié dans : Kourou
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Jeudi 31 juillet 2008

Plage de Montjoly. On verra qu'en fait tout le monde se baigne...

          Cayenne est dominée par plusieurs petites collines, dont certaines sont encore hérissées de forêt vierge. Les autres le sont d’antennes en tout genre accompagnées des inévitables radômes du Centre Spatial… L’Espace est vraiment présent partout ici ! Le Mont Bourda lui est au bord de la mer, surplombe Montjoly, et a gardé ses essences primaires grâce entre autres aux efforts du Conservatoire du Littoral.

Le départ...

          On profite d’un dimanche inoccupé pour partir à l’assaut de cette colline avec quelques copains. Pas très stressés, nous nous attelons à la tâche en pleine chaleur de l’après-midi : départ à 14h, de vrais montagnards ! On navigue sous les immenses fougères pour ensuite déboucher dans une forêt que l’on commence maintenant à un peu mieux connaitre : fromagers, arbres étrangleurs, palmiers, amarantes…

Ficus étrangleur

          Au sommet, il n’y a bien évidement pas de vue… Et c’est uniquement grâce à mon altimètre que l’on en déduit que l’on est arrivé. Nous rejoignons toutefois un calvaire qui découvre une superbe vue de l’Ilet La Mère ainsi que les plages. Ouf ! Parce que faire 2 heures de voiture au total pour 1h30 de randonnée sans vue à l’arrivée aurait été un coup dur.

Vue depuis le calvaire du Mont Bourda. Au fond l'Ilet La Mère.

Par Martintin
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Mardi 29 juillet 2008


          La Guyane n'est pas forcément reconnue pour l’ordre et la loi qui y règnent. L’insécurité est bien là, quoique l’on puisse sans problèmes se balader dans les rues de Kourou la nuit (mais quand même pas dans tous les quartiers !). D’où beaucoup de sociétés privées de surveillance des habitations pour éviter les nombreux cambriolages.

          Une autre méthode très en vogue pour pouvoir dormir sur ses deux oreilles lorsque l’on est en vacances loin de sa maison kouroucienne, est de la faire garder par des stagiaires ! J’ai donc logiquement été désigné pour habiter celle de mon chef de service pendant son mois en France.


          Au menu : piscine, jardin, maison en face de la plage, voiture du chef… Ce qui nous pousse depuis déjà 3 semaines à enchaîner les barbecues, apéros et baignades nocturnes dans sa demeure.

Le retour aux CVs va être difficile !

Par Martintin - Publié dans : Kourou
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